Alors que les cloches sonnent à la onzième heure, nous devons nous souvenir des oubliés

Par Abdul Nakua, directeur des institutions et de la collecte de fonds au MAC.

Les sociétés ont depuis longtemps développé des rituels et des moments dédiés au souvenir d'événements historiques importants dans le but de réfléchir sur le passé et de façonner l'avenir. Les mémoriaux, monuments et points de repère ont tendance à imposer une mémoire sélective à l'histoire qui supprime délibérément certains souvenirs tout en amplifiant d'autres.

Le Canada a construit plus de 8 200 monuments et 999 lieux historiques nationaux, beaucoup dans les années 1920 et 1930, pour construire un récit de sacrifice et d'édification de la nation. Ces rituels se sont étendus au fil du temps. Ce qui est apparu comme « l'impératif collectif de pleurer et de se souvenir – de ne pas oublier » est passé de la commémoration des morts à la glorification de la position debout, tandis que les voix des victimes de la guerre restent silencieuses.

Il ne fait aucun doute qu'en tant que Canadiens, nous devons honorer la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés et ont perdu la vie en luttant pour notre nation. Il est tout aussi important de réimaginer le souvenir pour inclure ceux qui en ont été exclus et dont la mémoire a été effacée du discours public.

Il y a de l'optimisme que nous approchons d'un point de basculement vers des rituels de commémoration plus inclusifs qui reconnaissent un récit plus honnête de notre histoire qui inclut également ses moments tumultueux.

Deux forces conduisent ce changement. L'une est la quête de vérité et de réconciliation avec les peuples autochtones et l'autre est la transformation de la société canadienne au cours du dernier demi-siècle d'une culture dualiste français-anglais à une nation multiculturelle dynamique.

Malheureusement, le gouvernement fédéral n'a pas fait grand-chose pour faire face à ces nouvelles réalités. En 2020, le ministre des Anciens Combattants, Lawrence MacAulay, a présenté un proposition de 10 ans pour commémoration. Tout en reconnaissant la nature changeante de la société canadienne et la nécessité d'une « approche prospective de la commémoration au 21e siècle », peu de substance a été donnée à l'idée de repenser le Souvenir.

La dégradation des statues de dirigeants historiques comme Sir John A. Macdonald ou Edward Cornwallis, ou la suppression proposée de noms comme Ryerson et Dundas des bâtiments et des rues indique une poussée concertée pour réexaminer certaines parties du passé de notre nation.

Comme Richard Toujours, chef de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada, a plaidé en faveur de la révision de l'histoire comme voie à suivre, plutôt que de l'effacer, suggérant qu'un juste équilibre peut être atteint en « ajoutant des couches d'histoire oubliée ». Par conséquent, la commémoration devrait inclure les victimes du génocide culturel contre les sept générations d'enfants autochtones et les Canadiens dont l'identité ne correspond pas au récit dominant, notamment les enfants des victimes des guerres coloniales.

Alors seulement, nous nous souviendrons de la sagesse de John Donne que « chaque homme est un morceau du continent, une partie du principal », et quand nous entendrons sonner les cloches à la onzième heure, de ce jour-là, nous n'enverrons « jamais savoir pour qui les cloches sonnent » ; il pèse pour nous tous, un et tout, les fils et les filles des morts et des debout, du colonisateur et du colonisé, et du bourreau et du bourreau.

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