Les musulmans canadiens ont donné à Justin Trudeau le mandat d'éliminer l'islamophobie

Par Sharaf Sharafeldin

À la suite des élections fédérales de 2019, la communauté musulmane du Canada a souligné quatre priorités que le gouvernement libéral devrait aborder immédiatement : la montée de l'islamophobie, le projet de loi 21 au Québec, la présence de l'islamophobie dans le régime de sécurité nationale du Canada et une politique étrangère déterminée à dénoncer les violations des droits de la personne.

Des progrès ont été réalisés, comme l'ajout de groupes d'extrême droite aux listes terroristes du Canada. Les attaques contre la famille Afzaal à Londres et contre Mohamed-Aslim Zafis devant une mosquée d'Etobicoke, en revanche, ont souligné la nécessité d'une action plus forte.

En réaction à la montée de la haine antimusulmane, le gouvernement libéral a convoqué en juillet le Sommet national d'action contre l'islamophobie peu avant les élections fédérales. De nombreux organismes communautaires ont soumis recommandations dans l'espoir que le gouvernement prendrait des mesures concrètes. Le gouvernement a écouté attentivement les expériences vécues des gens et leurs demandes de réforme, mais seules quelques premières étapes ont été proposées.

Le premier ministre Justin Trudeau a prononcé un message fort: « Il ne fait aucun doute qu'il y a du travail à faire au sein du gouvernement pour démanteler le racisme systémique et l'islamophobie. Parce que de l'Agence du revenu du Canada (ARC) aux agences de sécurité, les institutions doivent accompagner les gens, pas les cibler. Nous entendons cela.

Au contraire, la réunion au sommet de juillet a réussi à établir le mandat du gouvernement nouvellement élu du Canada pour lutter contre l'islamophobie, donnant au parti libéral une seconde chance de bien faire les choses.

L'islamophobie systémique dans les institutions gouvernementales est l'un des aspects les plus graves de la haine antimusulmane. La haine et la violence contre les musulmans ne seront jamais éradiquées tant que le sentiment anti-musulman persistera au sein de nos agences et institutions.

En tête de liste se trouve la Division de l'examen et de l'analyse (SAR) de l'Agence du revenu du Canada, qui cible les groupes musulmans avec des audits biaisés et des sanctions injustes depuis plus d'une décennie.

Avant les élections, le gouvernement libéral a annoncé un examen par le bureau de l'ombudsman de l'ARC. Ce n'est tout simplement pas suffisant. Les audits biaisés de la RAD sont enracinés dans un problème gouvernemental plus large basé principalement sur le régime de sécurité nationale, sur lequel l'ombudsman n'a aucun contrôle.

Le prochain ministre du Revenu national doit prendre un certain nombre de mesures immédiates. La National Security and Intelligence Review Agency devrait entreprendre sa propre enquête. L'évaluation nationale des risques de 2015, une directive gouvernementale à l'ARC qui a contribué au ciblage des organismes de bienfaisance musulmans, devrait également être réévaluée. Plus important encore, l'ARC devrait déclarer un moratoire sur les audits de la SAR jusqu'à ce que ces examens soient terminés.

L'Agence des services frontaliers du Canada dresse depuis des années le profil des musulmans et cible les réfugiés des pays musulmans. Le gouvernement libéral a une loi prête à l'emploi sur la surveillance de l'ASFC, le projet de loi C-3, qui est mort lorsque le Parlement a été prorogé l'an dernier. La réintroduction de ce projet de loi devrait être une priorité absolue pour le gouvernement.

De nombreuses communautés, y compris des musulmans, ont exhorté le gouvernement à adapter la réglementation à l'évolution de l'environnement des médias sociaux, ce qui a permis à la haine en ligne de se propager et a fourni une plate-forme aux groupes suprématistes blancs pour prospérer.

Le caucus libéral musulman a souligné les cinq principales priorités du premier ministre Trudeau à la suite du Sommet national, qui comprennent ce qui précède. Les dirigeants musulmans les ont renforcées lors des élections.

Si nous voulons lutter contre l'islamophobie, « nous devons rassembler les Canadiens avec nous », a déclaré le premier ministre Trudeau lors de son allocution au sommet national. Il indiquait que les Canadiens devraient l'appuyer alors qu'il rentre à Ottawa avec un nouveau mandat.

Par leurs votes, les musulmans canadiens ont montré leur foi dans la sincérité et la volonté du premier ministre de résoudre ces problèmes. Les membres de la communauté espèrent qu'il fera de la lutte contre l'islamophobie systémique au Canada une priorité majeure lorsqu'il remettra des lettres de mandat à ses ministres décrivant les objectifs du mandat de ce gouvernement.

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