Ne pas désigner le 29 janvier comme Journée nationale de commémoration et d'action contre l'islamophobie est une décision

Le 29 janvier 2017, le Centre culturel islamique de Québec a été violemment attaqué par Alexandre Bissonette, qui a impitoyablement abattu des fidèles musulmans lors de leurs prières du soir. Six fidèles ont été tués et 19 ont été gravement blessés. Cette année marque le sombre quatrième anniversaire de l'un des pires actes de terrorisme intérieur sur le sol canadien.

En ce jour tragique, Azzedine Soufiane, Abdelkrim Hassane, Mohamedou Tanou Barry, Ibrahima Barry, Aboubaker Thabti et Khaled Belkacemi ont été tués et des communautés à travers le Canada, les musulmans en particulier, ont été profondément secouées.

L'issue du procès de Bissonnette, en avril 2018, a été un deuxième coup dur pour les musulmans de tout le pays. Incroyablement, Bissonnette n'a pas été inculpé en vertu de la disposition relative au terrorisme du Code criminel, et bien qu'il ait initialement reçu une peine d'emprisonnement à perpétuité sans espoir de libération conditionnelle pendant 40 ans, celle-ci a été récemment réduite à 25 ans - une décision judiciaire a immédiatement suscité des réactions négatives et des critiques parce que il n'a pas reconnu la gravité de ce crime haineux.

Les musulmans canadiens restent hantés par l'idée qu'ils pourraient être ciblés dans le plus sacro-saint des lieux. Le monde qui les entoure ne leur apporte ni réconfort ni espoir.

Depuis cette atrocité, les groupes haineux au Canada n'ont fait que croître en taille et en influence, et la marée montante des mouvements suprémacistes blancs dans notre pays se poursuit sans relâche. Les crimes haineux contre les musulmans canadiens ont augmenté régulièrement en fréquence et en niveau de violence. Ce problème est devenu encore plus exacerbé par la pandémie COVID-19, où les théories du complot se sont épanouies, souvent en relation avec les idéologies d'extrême droite du pouvoir blanc qui diabolisent les musulmans et encouragent leur ciblage.

Au milieu de ces développements en cours, il est décourageant que le gouvernement du Canada n'ait toujours pas désigné le 29 janvier comme «Journée nationale de commémoration et d'action contre l'islamophobie».

Le gouvernement ne peut pas prétendre à l'ignorance à ce sujet. En fait, chaque année depuis les meurtres horribles de Québec, des leaders communautaires de partout au pays se sont prononcés. Quelques jours après le massacre lui-même, les dirigeants musulmans ont tenu une conférence de presse à Ottawa et ont appelé le gouvernement à créer un plan pour lutter contre le racisme systémique et l'islamophobie, ainsi qu'à faire la déclaration du 29 janvier.

L'année suivante, en octobre 2018, le Forum musulman canadien a lancé une campagne similaire et 7324 courriels ont été envoyés aux parlementaires. Cette année, 75 organisations musulmanes de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique ont envoyé une lettre conjointe au premier ministre pour demander à nouveau au gouvernement de répondre à cette demande. Les Canadiens de partout au pays ont fait appel à leurs représentants élus avec la même demande.

L'appel à désigner le 29 janvier n'est ni sans précédent ni en décalage avec les recommandations précédentes. Chaque 6 décembre, à juste titre, la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes marque l'anniversaire du massacre par balle de 14 femmes à l'École polytechnique de Montréal en 1989. De plus, le Comité fédéral du patrimoine, qui a rédigé le rapport M1-203, a recommandé au gouvernement de désigner le 29 janvier.

Enfin, de nombreuses villes canadiennes ont déjà adopté la déclaration sans hésitation, notamment Montréal, Pierrefonds, Markham, Toronto, Hamilton, London, Windsor, Brampton et Vancouver.

L'année dernière, le propre premier ministre du Québec, François Legault, a déclaré de manière étonnante que l'islamophobie n'existe pas dans sa province en adoptant le projet de loi 21 manifestement discriminatoire et désormais tristement célèbre dans la province, qui affecte de manière disproportionnée les musulmans visibles. La question de l'islamophobie a été récemment soulevée à nouveau au Parlement en raison des propos désobligeants tenus à l'endroit du ministre des Transports Omar Alghabra par le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet.

Dans un tel climat, il n'y a aucune raison pour que le premier ministre Justin Trudeau évite de désigner le 29 janvier. Le chef conservateur Erin O'Toole annonçant qu'il n'y a pas de place pour les extrémistes de droite et les haineux dans son parti, les Canadiens devraient s'attendre à soutien de tous les côtés de la législature pour cette désignation.

Il ne fait aucun doute que les Canadiens évalueront quels sont les chefs qui ont des principes de cette manière pour les prochaines élections. Plus important encore, cette décision envoie un message clair et vital au courant sous-jacent croissant de l'islamophobie dans la société canadienne: votre haine n'est pas la bienvenue ici.

Par: Nabil Sultan
Président du conseil
Association musulmane du Canada

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